Général Gabriel RAMANANTSOA

wikipedia.jpgdaddy-boky4.jpgGénéral Gabriel Ramanantsoa

Robert ANDRIANTSOA (robartandriantsoa@yahoo.fr)

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Biographie

Né à Tananarive dans une famille de la haute bourgeoisie merina, Gabriel RAMANANTSOA s'oriente vers la carrière des armes à l'issue de ses études secondaires. Premier Malgache sortant de l'Ecole militaire de Saint-Cyr à 25 ans en 1931 (promotion Mangin), il a participé à la deuxième Guerre Mondiale, au cours de laquelle il était cité à l'ordre de la division pour un acte de bravoure, quand il était jeune Capitaine de l'Armée Français. Puis on lui a confié la direction de l'Ecole militaire préparatoire de Fianarantsoa entre 1943 et 1946.

Au début des années 50, alors Chef de bataillon, il a pris part à la guerre d'indochine avant de rejoindre la Direction des Troupes de Marine à Paris, une fois promu au grade de Lieutenant-Colonel.

En 1959, il entrait à l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale avec le grade de Colonel.

Ce parcours impressionnant a fait de lui un chef militaire incontesté qui se distingue par sa probité, sa rigueur, et son intransigeance.

il terminera son service dans l'armée française avec le grade de colonel (1958) pour se mettre ensuite, naturellement, au service de l'État malgache. Au cours de près de trente années de carrière militaire française, Gabriel RAMANANTSOA assume des responsabilités variées tant sur le terrain que dans l'Administration. Affecté dans l'infanterie coloniale, il est nommé en 1932 adjoint au commandant de l'école des enfants de troupe de Tananarive.

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Son mariage avec Marcelle Larguier, a été célébré, à l'Eglise catholique de Faravohitra, le 26 mai 1934.

En 1940, il participe à la campagne de France et obtient une citation, puis, de 1943 à 1946, il commande une compagnie à Madagascar. Il est en métropole, en poste au ministère de la Défense, lorsque la « rébellion » malgache éclate, en mars 1947. Revenu à Tananarive en 1948 comme attaché au haut-commissariat et chargé des anciens combattants, il fait ensuite la campagne d'Indochine où il obtient encore une citation. À son retour en 1954, il est à nouveau affecté au ministère de la Défense et reste à ce poste jusqu'à son passage, en 1960, au service de la République malgache.

Au moment où Madagascar s'apprêtait à obtenir l'indépendance, deux choix s'offraient aux officiers  bénéficiant d'une double nationalité qui servaient  dans l'Armée française. Celui de servir sous le drapeau malgache ou celui de rester en France. Bien que promis à une brillante carrière au sein de l'Armée française, Gabriel RAMANANTSOA a préféré rentrer au bercail pour mettre en place le "Tafika Malagasy" avec quatre autres Saint-Cyriens qui lui ont emboîté le pas.
Conseiller militaire du gouvernement malgache lors de la négociation des accords d'indépendance et de coopération d'avril-juin 1960, il est nommé, dès la proclamation de l'indépendance, chef d'état-major général des forces armées malgaches. Promu général de brigade en 1961, puis général de division en 1967, Gabriel RAMANANTSOA sera le « patron » de l'armée sans discontinuité pendant douze ans, servant fidèlement – en soldat légaliste et respectueux du principe démocratique de la subordination du pouvoir militaire au pouvoir civil – le gouvernement du président Philibert TSIRANANA auquel il est d'ailleurs très lié sur le plan personnel.
C'est à l'âge de soixante-six ans que les événements le font entrer brutalement en politique.

ramanantsoa-001.jpgMerina issu d'une famille hova tananarivienne, il achève ses études militaires à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. Militaire de carrière dans l'armée française, il rejoint l'armée malgache au moment de l'indépendance de Madagascar le 26 juin 1960. Il accède au rang de général. Le Général Ramamantsoa est ensuite rapidement nommé chef d'état-major général des armées, poste qu'il occupe jusqu'en 1972.

passation-copie.jpg Lors des évènements de mai 1972, il fut propulsé au devant de la scène politique. Il a été un des rares sinon le seul militaire, à cette époque, a avoir accédé au pouvoir en toute légalité, sans coup d'Etat.

Les pleins pouvoirs de mai 72
Triomphale:  Le général Ramanantsoa fit une entrée triomphale sur l'avenue de l'Indépendance en fin d'après-midi. Il avait à ses côtés les généraux Gilles Andriamahazo et Philibert Ramarolahy et le colonel Richard Ratsimandrava...
En marche: La foule du 13 mai leur a réservé un accueil délirant en cette fin d'après-midi déjà gagnée par les premières fraîcheurs de la mi-mai. L'histoire était résolument en marche. Les événements devaient ensuite se précipiter.

Sous la pression de la rue, le 18 mai 1972, cinq jour après la journée "historique" du 13 mai, le Président de la république Philibert TSIRANANA, contraint part l'événement, ceda le pouvoir au plus haut gradé de l'armée, en l'occurence du Général de division Gabriel RAMANANTSOA recevait les pleins pouvoirs des mains du président Philibert TSIRANANA. Le vieux militaire qui détestait la politique, qu'il était, se trouvait face à un dilemme. Mais la voix de la raison l'emportasur celle du cœur. Et, en homme de devoir, répondant aux voeux de la Nation unanime, le Général de Division Gabriel RAMANANTSOA acceptait un mandat difficile qui lui valait de se voir confier la lourde mission de redresser une situation alors bien loin d'être brillante:

- une économie qui périclitait sous le poids de la domination trop flagrante des intérêts étrangers, et dont la croissance, déjà largement absorbée par une démographie galopante, ne profitait qu'à une minorité au détriment de la grande masse ;

- un climat politique qui ne cessait de se détériorer ;

- un système d'enseignement qui se révélait inadapté aux réalités et aux besoins du pays au point de donner une dimension encore plus inquiétante aux problèmes du chômage et du sous-emploi ;

- un fossé qui s'élargissait dangereusement entre les nantis et les déshérités, entre les villes et les campagnes ;

- une atmosphère de méfiance et de défiance qui s'instaurait entre l'Administration et la Population...

Aux grands maux, les grands remèdes.

Le 18 mai, le président Tsiranana démet le gouvernement et demande au général Gabriel Ramanantsoa d'en former un nouveau. L'intervention de l'armée, restée neutre jusque-là, est bien accueille. L'ordre est restauré et, en octobre, Tsiranana transfère le pouvoir au général Ramanantsoa. Celui-ci sera élu président après un référendum qui marque la fin de la première république malgache.

Porté en effet au pouvoir par la volonté populaire, le Général de Division Gabriel RAMANANTSOA a érigé en principe fondamental de sa nouvelle politique le Dialogue, considéré comme l'un des fondements de la démocratie et grâce auquel il entend non seulement "faire règner la confiance et la concorde dans le pays" 

Un régime est né aussitôt, tout nouveau, jamais vu, promotteur.

 Le Général Gabriel RAMANANTSOA a, tout d'abord, voulu asseoir son pouvoir sur la démocratie en organisant, en octobre 1972, un réferendum qui devrait départager ceux qui réclame le changement, et, ceux qui voulaient garder l'ancien régime.

Le Général RAMANANTSOA forma alors un gouvernement restreint de douze membres composé pour moitié de militaires et pour moitié de techniciens civils et avec des ressortissants des six provinces de Madagascar.

Gouvernement RAMANANTSOA:

10 ministres : 4 militaires, 3 docteurs, 3 civils.

03-ramanantsoa.jpg- Le Général Ramanantsoa cumulait avec son poste de Premier Ministre les fonctions de Ministre de la Défense Nationale et des Forces Armées, et celles du Plan.

Quatre Militaires:

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Général de brigade ANDRIAMAHAZO Gilles : Ministre de l’Aménagement du Territoire.

- Lieutenant Colonel RATSIMANDRAVA Richard : Ministre de l’Intérieur et Commandant de la Gendarmerie Nationale.

- Commandant RAKOTOMALALA Joël : Ministre de l’Information.

- Capitaine de Corvette RATSIRAKA Didier : Ministre des Affaires Etrangères.

Trois Docteurs:

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- Docteur MANAMBELONA Justin : Ministre des Affaires Culturelles et de l’éducation Nationale.

- Docteur ZAFY Albert : Ministre des Affaires Sociales

- Docteur RAKOTOVAHINY Emmanuel : Ministre du Developpement Rural.

Trois Civils:

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- ANDRIANADA Jacques : Garde des sceaux, Ministre de la Justice.

- RAMAROSON Albert Marie : Ministre de l’Economie et des Finances.

- RAJAKOBA Daniel : Ministre de la Fonction Publique et du Tavaille.

Le gouvernement Ramanantsoa s'est voulu "apolitique": l'équipe étant constitué d'hommes sans étiquette, mais reconnu pour leur probité. Il n'en demeure pas moins que les ministres, à qui le Chef de gouvernement avait donné une large autonomie d'action dans leur domaine respectif, avaient chacun leur tendance politique: les uns de tendance plutôt libérale, les autres assez progressistes, les autres encore foncièrement révolutionnaires.

C'est ainsi qu'une nouvelle "Loi Constitutionnelle" a été élaborée et promulgué par le Chef du Gouvernement dont voici la teneur:

Article premier. - Le programme-cadre du Gouvernement presenté à la Nation le 27 juillet 1972 par le Général de Dision Gabriel RAMANANTSOA, Chef du Gouvernement, st ratifié.

Art. 2. - Les pleins pouvoirs accordés au Général de Division Gabriel RAMANANTSOA   pour diriger le Pays sont confirmés et ratifiés. Il reçoit avec son Gouvernement d'unité nationale mandat pour entreprendre la rénovation nationale avant un délai de cinq ans, à compter de la date de promulgation de la présente loi. Dans l'accomplissement de ce mandat, le Gouvernement et son Chef doivent se conformer aux seules nécessités nationales exprimées par les différentes assises des diverses tendances de l'opinion publique.

Art. 3. - Le chef du Gouvernement désignera par décret en conseil des Ministres la personnalité chargée de le suppléer en cas d'empêchement avant l'expiration du délai de cinq ans susvisé. Cet empêchement fera l'objet d'une constatation préalable par le Conseil Supérieru des Institutions.

Art. 4. - En exécution du mandat défini à l'article 2 ci-dessus le Gouvernement est chargé de rénover les structures de base de la société malgache dans un esprit démocratique et par dérogation à l'article 66 ancien de la Constitution du 29 avril 1959, de préparer une constitution en mattant en œuvre les principes suivants :

- La forme républicaine de l'Etat est intangible ;

- L'unité et l'intégrité de la Nation doivent être respectées ;

- Les droits et libertés fondamentaux seront garantis à tout citoyen sans distinction de race, de religion ou d'opinion politique ;

- La souveraineté nationale se manifestera par la voie du suffrage universel ;

- Le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif doivent être effectivement séparés ;

- L'autorité judiciaire demeurera indépendant du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif ;

- Une procédure d'arbitrage et de contrôle constitutionnel sera organisée pour assurter la liberté, la sincérité et la régularité des votes émis par le suffrage universel et pour garantir la séparation des pouvoirs afin que chacun d'eux puisse assumer la plénitude de leurs attributions respectives.

             - Art. 5. - Pour l'élaboration du projet de nouvelle constitution, le Gouvernement recueillera l'avis d'un Comité national constitutionnel  dont la composition, le rôle, les attributions et les règles de fonctionnement seront fixés par voie d'ordonnance.

                - Art. 6. - Dés que les circonstances le permettront, le Gouvernempent soumettra par référendum à la ratification populaire le projet de nouvelle Constitution qu'il aura définitivement arrêtée. Le gouvernement sera également chargé de mettre en place les nouvelles institutions et d'organiser dans ce but des élections générales avant l'expirations du délai de cinq ans visé à l'article 2 ci-dessus.

Art. 7.- Jusqu'à l'adoption de la nouvelle Constitution par le Peuple et la mise en place des nouvelles institutions, les institutions provisoires de la République seront constitués par:

- Le Gouvernement ;

- Le Conseil Supérieur des Institutions ;

- Le Conseil National Populaitre du Développement dont, la composition, le rôle, les attributions et les règles de fonctionnement seront fixés par  voies d'ordonnance.

       Pendant cette période transitoire, le Gouvernement légifèrera par voie d'ordonnance sur toutes les matières qui relève du domaine de la loi.                               Avant leur  promulgation, ces ordonnances seront obligatoirement soumises au Conseil Supérieur des Institutions dont la décision motivée n'est accessible d'aucun recours et s'impose à toutes les autorités administratives et juridictionnelles de l'Etat.

Art. 8.- La Loi Constitutionnelle du 29 avril 1959 modifiée est maintenue en vigueur comme loi ordinaire en toutes ses dispositions qui ne sont pas contraires à la présence loi référendaire ni implicitement abrogée par celle-ci.

Art. 9.- La présente loi référendaire entrera en vigueur dès sa promulgation. Des ordonnances fixeront, en tant que besoin, ses modalités d'application. Elle sera exécutée comme nouvelle loi constitutionnelle provisoire de la République.

Fait à Tananarive, le 7 novembre 1972.

Gabriel RAMANANTSOA

Le Chef du Gouvernement a préconisé l'implantation du Fokonolona sur tout le territoire de la République Malagasy.

Reconstruire le pays, est la devise par ailleurs specifiée par le Colonel Richard RATSIMANDRAVA, Ministre de l'Intérieur : "Ensemble nous allons relancer le Fokonolona, travailler pour reconstruire le Pays, augmenter notre production, exploiter les richesses de notre sous-sol et développer notre industrie. C'est dans la vision plus sensée de l'intérêt commun par la voie du Fokonolona que nous progressons. C'est une exigence vitale pour le pays et il n'y aura pas de faux fuyants."

Structuration du monde rural : Ordonnance 73-009 du 24 mars 1973 

Le Folonolona et une ou plusierus communautés de personnes vivant dans une portion du territoire national appelé Fokontany.

Toute personne de nationalité malagasy, sans distinction de sexe, d'âge ou d'origine, fait obligatoirement partie du Fokonolona du Fokontany où elle réside.

En assemblée générale, le Fokonolona décide des actions et des programmes économiques répondant aux intérêts de son Fokontany.

Le Fokonolona établit des Dina, conventions écrites qui lient tous les membres du Fokonolona et que chacun doit respecter.

A un échelon supérieur, plusieurs Fokonolona voisins, liés par des intérêts communs ou complémentaire, constituent un Firaisampokonolona (Union des Fokonolona) doté de la personnalité morale.

SIGNATURE de nouveaux accords de coopération franco malgache:

L'époque RAMANANTSOA était aussi marquée par par la révision, des accords de coopération avec la France qui a conduit, entre autres, au retour à la souveraineté nationale des bases françaises implantées sur le territoire. Juin 1973: Le Ministre des Affaires Etrangères, Didier Ratsiraka dirigea la délégation malgache pour négocier de nouveaux accords de coopération franco-malgaches: Madagascar quitte la zone franc. Des relations diplomatiques sont nouées avec les pays socialistes, les relations avec l'Afrique du Sud et Israël ayant été rompues.ou encore au retrait de Madagascar de la zone franc. Des initiatives qui faisaient preuve de nationalisme, mais qui n'ont pas manqué de créer des vagues de mécontentements parmi ceux dont les intérêts étaient mis en cause.

 

Il en fut de même, à la suite de l'exigence du Gouvernement RAMANANTSOA sur la nécessité, pour toutes les sociétés exerçant à Madagascar, d'y implanter leur siège social.

 

- Quai d'ORSAY : signature des accords - M. RATSIRAKA, Ministre des Affaires Etrangères malgache fait une déclaration : "Le gouvernement français ne veut pas imposer la coopération" - M. DENIAU : "La présence des troupes françaises n'est plus nécessaire"

 

Mais à terme, ce Cabinet n’a pas permis de résoudre la crise politique mais l’a au contraire exacerbé. Un chef d’Etat, le Colonel Ratsimandrava, fut même assassiné le   11 février 1975 et le pays a failli entrer dans la guerre civile. La composition de ce gouvernement est la principale raison de son échec. Le plus haut gradé de l’armée était merina. En effet, par un accident de l’histoire, après douze ans de disette, les merina, longtemps frustrés d’avoir été écartés de la conduite du pays par le pouvoir néo-colonial qui d’après certains d’entre eux devrait logiquement leur revenir, tenaient enfin leur revanche. Vrai ou faux, les rumeurs circulaient sur l’existence d’un club des 48 grandes familles tananariviennes (Club 48) qui, à travers Ramanantsoa, régenta la vie du pays. Certains  côtiers, par contre, vivaient très mal cette situation et craignaient une mainmise complète et définitive du pays par les merina. Ce problème ethnique mina de l’intérieur le fonctionnement de ce gouvernement. Une autre ligne de différentiation distinguait les progressistes, qui était tendance en cette période historique dans les pays en développement, et les autres. Les choses ne s’arrêtaient pas à cette démarcation idéologique mais se compliquèrent outre mesure avec les problèmes d’ego. Sans compter le Général Ramanantsoa, ce gouvernement de douze membres donna au pays quatre chefs d’Etat  dont deux Président élus au suffrage universel, Ratsiraka ( (4 fois) et Zafy (1 fois), et deux Premiers Ministres (excusez du peu !). Entre les hommes en treillis, le problème des corps d’appartenance, gendarmerie ou armée, rendait difficile une entente entre eux, le clan des Ratsimandravistes était constitué presque de gendarmes et, à l’inverse, le clan des Ratsirakistes était composé de militaires.  

Le Général Ramanantsoa essaya d’asseoir son régime et son autorité. Par un référendum, il donna tout d’abord les bases légales à son entreprise et dépouilla le Président Tsiranana de ses dernières prérogatives. Il institua un conseil consultatif (le CNPD) qui était censé représenter la population et jouer le rôle de parlement en l’absence d’une assemblée nationale élue. Mais, les différentes fortes personnalités du régime s’évertuèrent dans leurs actions et dans leurs sphères respectives pour se mettre en valeur et gagner en notoriété. Ainsi Ratsiraka qui avait en charge les Affaires étrangères devient le porte-parole du nationalisme et le chantre de la rupture avec la France en renégociant les accords de coopération et en particulier le départ des français de la base aéronavale de Diégo Suarez et le retrait de la zone franc. Ratsimandrava quant à lui qui était Ministre de l’Intérieur entreprit d’organiser le pays à travers l’institutionnalisation du fokonolona comme collectivité de base.  

Mais la situation finit par se détériorer, la lutte tribale qui était jusque là cantonnée dans les bureaux gagna les camps. Le GMP  (Groupe Mobile de la Police) se mutina. Le GMP avait hérité des éléments des Forces Républicaines de Sécurité (FRS) tristement célèbres lors des affrontements avec les manifestants lors du mouvement populaire de 1972, d’où d’ailleurs l’origine de leur dissolution. Elles étaient composées essentiellement de côtiers tant dans l’encadrement qu’au niveau des hommes de troupe.  Les contradictions citées précédemment, l’absence de cohérence dans les actions du gouvernement et l’imminence d’une guerre civile eurent raison de la volonté du Général Ramanantsoa de continuer à gérer le pays. Il jeta l’éponge et transmit les pleins pouvoirs au Colonel Ratsimandrava.

Mais ce dernier n’eut pas à exercer longtemps ses fonctions, il fut assassiné dans un guet-apens qui lui a été tendu à son retour du bureau. Le pays était au bord de la guerre civile car les mutins du GMP commencèrent à rallier à leur cause des officiers côtiers de l’armée nationale dont le Colonel Brechard. Pour faire face à cette situation, un Directoire militaire fut institué le 11 février 1975  et présidé par le plus haut gradé, le Général Andriamahazo. Ce Directoire était assez représentatif, tant des différents corps et entités de l’armée que des différentes provinces de Madagascar. Un consensus se dégagea, la mutinerie du GMP fut matée et l’unité de la Nation est sauve.  Pour une normalisation de la situation, les membres du Directoire choisirent l’un d’entre eux pour conduire le pays, ce fut Ratsiraka. Il semblerait que lors du vote, il y avait eu deux candidats : le Capitaine de Frégate Ratsiraka et le Colonel Soja, représentant de l’aile Ratsimandrava. Lors du premier vote, les voix auraient été à égalité alors que le Général Andriamahazo s’est abstenu. La balance s’est penchée du côté de Ratsiraka car Andriamahazo s’est enfin prononcé en sa faveur. C’était la fin de la tourmente, Ratsiraka monta au pouvoir et créa le Conseil Supérieur de la Révolution (CSR). Le pays était en marche vers la deuxième République.

Ces différentes péripéties du premier gouvernement militaro-civil ont démontré que, dans ce cas d’espèce, l’entrée des militaires dans les affaires politiques n’était pas obligatoirement une source de stabilité, tout au contraire. Le neutralité est un bien vain mot car les ambitions des uns et des autres traduites par des calculs politiques annihilent cette quête de la neutralité. Toutefois, les conflits et les dérives auraient été circonscrits si les termes de référence étaient explicites et auraient fixé l’objet de ce gouvernement, le montage institutionnel, ses missions et sa durée.

En mai 1972, après des protestations politico-sociales massives dirigées contre le Président Tsiranana, il devient Premier ministre du pays, une fonction qui n'existait plus sous la Première République (1960-1972). Quelques mois plus tard, lorsque Philibert Tsiranana, social-démocrate débordé par son aile gauche cède finalement à la pression populaire, Ramanantsoa devient officiellement le deuxième Président de la République malgache, prenant ses fonctions le 11 octobre 1972. Le peuple malgache détermine par référendum une période quinquennale de transition militaire qui a pour but de procéder à la malgachisation de la société.

Guidé par une idéologie plutôt conservatrice et très respectueux de la légalité, rien ne semblait le prédestiner à être porté au pouvoir par un mouvement populaire issu de revendications étudiantes, nationalistes et révolutionnaires.

Il entame alors une période de réconciliation politique, qui va échouer. Le 5 février 1975, lassé des tensions qui divisent jusqu'au sein de son Gouvernement, il démissionne dans un contexte politique, ethnique et social au profit du colonel Richard Ratsimandrava qui était jusqu'alors ministre de l'intérieur.

Mort à Paris au printemps 1979, il repose à Madagascar.

Il est l'oncle de Bernard Ramanantsoa.

Biographie : Date de naissance : 13 avril 1906 - Lieu de naissance : Tananarive (Madagascar) - Nationalité : Malgache - Parti politique : Aucun - Diplômé de École spéciale militaire de Saint-Cyr - Profession : Officier supérieur, homme politique - Résidence : Villa des Roses, Faravohitra, Antananarivo.

Gabriel Ramanantsoa a vu le jour le 13 avril 1906 à Antananarivo. Issu d'une famille riche et d'origine merina, il était un officier sortant de l’école militaire de Saint-Cyr en 1932. Il a fait sa carrière de militaire en France avant de devenir général dans l'armée malgache après l'accès de Madagascar à l'indépendance le 26 juin 1960. Cette date marquait le tournant de la vie de Gabriel Ramanantsoa après une trentaine d'année de carrière militaire. Il retourna au pays et fut nommé chef de l'Etat-major général. Il était proclamé premier ministre malgré lui en 1972 suite à la manifestation de cette même année menée par des étudiants contre le gouvernement de Tsiranana. Durant la première République, l’enseignement était en langue française, d'où la protestation des étudiants qui réclamaient des études adaptée à la société malgache et accessibles par les plus démunis. Après 13 ans d'instabilité avec Tsiranana, les Malgaches voyaient en Ramanantsoa une bouée avec laquelle ils pouvaient s'accrocher pour redresser le pays. Même s'il n'avait pas voulu s'immiscer dans le monde de la politique, le général y était contraint. Il était le deuxième chef de l’Etat, tout en étant chef de gouvernement, lors de la période transitoire du 11 octobre 1972 jusqu'au 06 février 1975. Avec la chute libre de l'économie qui n’était favorable aux relations internationales et la malgachisation, le gouvernement Ramanantsoa n’a pas répondu à l’espoir qui a été placé en lui. Sa politique consistait à préserver la légalité et il était plutôt traditionaliste. Mais le peuple malgache n'approuvait pas toujours sa décision. Un coup d’Etat avait même été tenté contre lui sans toutefois aboutir. Son gouvernement militaire avait même été renversé en décembre 1974 puis il a démissionné en 1975. Le général avait procédé à un rapprochement des partis politiques sans y parvenir. Le général a légué le pouvoir au ministre de l'Intérieur, le colonel Richard Ratsimandrava. Gabriel Ramanantsoa a rendu son dernier souffle à Paris le 09 mai 1979. Il avait reçu un dernier hommage lors de ses funérailles dans son pays natal car le peuple malgache l'avait beaucoup apprécié.

il achève ses études militaires à l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Militaire de carrière dans l'armée française, il rejoint l'armée malgache au moment de l'indépendance de Madagascar le 26 juin 1960.

Militaire de carrière dans l'armée française, il était un officier sortant de l’école militaire de Saint-Cyr en 1932. après une trentaine d'année de carrière militaire en France, il décida un retour au pays natal pour des raisons de nationalisme et de patriotisme.

il rejoint l'armée malgache au moment de l'indépendance de Madagascar le 26 juin 1960. Il accède au rang de général. Le général Ramamantsoa est ensuite rapidement nommé chef d'état major général des armées, poste qu'il occupe jusqu'en 1972.

Général Gabriel Ramanantsoa : portrait de cet homme politique malgache

Gabriel Ramanantsoa a été pour la jeune République malgache indépendante, l'acteur d'une transition politique nécessaire dans un contexte très tendu. Originaire des Hauts Plateaux de Madagascar, ce militaire de carrière est né dans son fief d'Antananarivo le 13 avril 1906 et décéda à Paris le 9 mai 1979. Merina de par son ethnie, Gabriel Ramanantsoa est alors un enfant de la haute société tananarivienne puisqu'il est issu d'une importante famille d'aristocrates de la capitale.


En quelque sorte prédestiné aux fonctions militaires, celui-ci est en effet un militaire de carrière dans l'armée française de l'époque. C'est ainsi que notre homme gravit lentement mais sûrement les marches au sein de l'armée française, car il faut savoir qu'il intégra la très estimée Ecole militaire de Saint-Cyr l'an 1932. Il parvint alors au grade de colonel de l'armée française. Mais le contexte politique d'alors fut tel qu'à l'aube de l'accession de Madagascar à l'indépendance tant convoitée, il décida un retour au pays natal pour des raisons de nationalisme et de patriotisme. Homme réservé, très fortement conservateur et désintéressé de la politique, le général sera néanmoins bientôt propulsé dans l'arène politique un peu malgré lui. L'avènement de la République malgache en 1958-1959, et plus tard l'indépendance de Madagascar, le 26 juin 1960, allaient bouleverser la vie et la carrière de ce militaire peu enclin à la politique. Accédant en peu de temps au rang de général, Gabriel Ramanantsoa sera alors destiné à suivre les pas du premier président de la République malgache, Philibert TSIRANANA.


Devenu président de cette République nouvelle en 1959, Philibert Tsiranana a pourtant fait l'objet de vives contestations populaires au début des années 1970. C'est alors qu'une grève généralisée en 1972 a provoqué la démission du premier président de la République de Madagascar, laissant vacant un pouvoir que beaucoup lorgnaient déjà, notamment du côté du pouvoir militaire. C'est pour faire face à ce désordre ambiant qu'on a fait appel au général Gabriel Ramanantsoa en tant que général de corps d'armée couronné de plusieurs années d'expériences dans les rangs de l'armée française.

Ainsi, dans un premier temps, le général sera consacré chef d'état-major des armées, un poste-clé qui lui vaudra d'être reconnu comme un meneur acerbe et fougueux. C'est à cette époque donc que les autres stratèges militaires et hauts gradés le remarqueront et le pousseront sans plus tarder vers la haute fonction qui semblait lui être prédestinée. Suite à la révolte populaire de mai 1972 qui vit la démission de Philibert Tsiranana, Gabriel Ramanantsoa, alors à la tête des armées, sera propulsé au poste de premier ministre sous la pression des hauts dignitaires de l'armée qui voyaient en lui le stratège militaire idéal pour maîtriser la situation socio-politique précaire dans laquelle se trouvait le pays. Homme de raison et patriote averti, le général ne refusera pas cette nouvelle fonction qui lui incombait et l'a assumé durant un temps très bref.


Mais la vacance du pouvoir suprême était un élément d'incertitude qu'il fallait contenir car la population malgache attendait un successeur qui soit à la fois le redresseur de la Nation en perte de vitesse et le renouveau politique qui manquait cruellement, après 13 années au pouvoir du président Philibert Tsiranana.


Ainsi, eu égard à la pression populaire et à l'impatience de la plèbe devant la débandade généralisée que connaissait le pays, Gabriel Ramanantsoa accepte les pleins pouvoirs suprêmes et accède de ce chef au statut de deuxième Président de la République de Madagascar, le 11 octobre 1972, date à laquelle il prit officiellement ses fonctions. Le général assumera alors à ce titre les fonctions de commandement du gouvernement transitoire et militaire. L'oeuvre politique du général chef d'Etat sera alors marquée par un certain retour à la malgachisation, entraînant ainsi globalement un certain enfermement et une certaine régression de la situation économique. Trois années durant, de 1972 à 1975, le général aura ainsi tenté tant bien que mal de relancer la politique économique du pays et de mener à bien une transition constructive.


Mais ses bonnes intentions n'ont pas eu raison de la contestation généralisée qui s'est produite l'année 1975 et s'est soldée par une tentative de coup d'Etat infructueuse à son encontre. La raison de cet échec est due à la politique conservatrice et figée que le général a appliquée à l'échelle macroéconomique du pays.

Au sein du gouvernement, un conflit de plus en plus aigu se développe entre modérés (dont le professeur Albert Zafy) et radicaux (dont Didier Ratsiraka). Le général Ramanantsoa avait annoncé la dissolution de son gouvernement le 25 juin 1974. Le parti socialiste (il regroupe l'ancien président Philibert Tsiranana, devenu chef de file de l'opposition, et André Resampa, ancien vice-président du gouvernement, ancien ministre de l'Intérieur, ancien adversaire de P. Tsiranana, avec lequel il s'est solennellement réconcilié) exige que le chef de l'État remette le pouvoir au Conseil des Sages.

Crise
Le général Ramanantsoa refuse. Il s'efforce vainement de constituer un nouveau cabinet. Mais l'année 1974 s'achève sur une mutinerie, ce qui constitue un paradoxe pour un régime militaire. Le colonel Brechard Rajaonarison, proche collaborateur du chef de l'État, le général Ramanantsoa, entre en rébellion ouverte contre ce dernier le 31 décembre 1974 et se retranche à l'intérieur du camp d'Antanimora. Il faudra un mois et demi avant qu'il consente à déposer les armes. Entre-temps, les événements vont se succéder à une cadence accélérée, sans que l'on parvienne toujours très bien à en percevoir le sens. Le 5 février 1975, le général Ramanantsoa renonce à toute action politique après avoir remis tous ses pouvoirs au colonel Richard Ratsimandrava.
R. Ratsimandrava, réputé plus ferme que son prédécesseur, a joué un rôle de premier plan lors de la répression de la rébellion du Sud. C'est un homme intègre auquel on prête des opinions radicales, analogues à celles du capitaine de frégate Didier Ratsiraka, ministre des Affaires étrangères considéré comme un rival éventuel dans la course à la magistrature suprême. En réalité, nul ne connaît les sentiments profonds de cet homme qui n'aura pas le temps de faire ses preuves : il meurt assassiné le 11 février, moins d'une semaine après avoir recueilli la succession du général Ramanantsoa.

Se retirant alors de la scène politique, il démissionne et remet les pleins pouvoirs le 5 février 1975, à son ministre de l'Intérieur de l'époque, le colonel Richard Ratsimandrava. Après qu'il fut décédé à Paris le 9 mai 1979, son corps fut rapatrié à Madagascar où il reçut les honneurs nationaux.

 


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