Colonel Richard RATSIMANDRAVA

wikipedia.jpgdaddy-boky4.jpgColonel Richard RATSIMANDRAVA

Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr)

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Troisième président de Madagascar à 44 ans et pendant seulement 6 jours, le Colonel Richard RATSIMANDRAVA fut assasiné le 11 février 1975 à Ambohijatovo. Essayons de connaître un peu plus sur cet homme politique célèbre de la grande île.

RATSIMANDRAVA : Né le 21 mars 1931 à Tananarive, d’une famille merina, Richard Ratsimandrava quitte Madagascar pour la France afin d'y effectuer ses études supérieures. Après une préparation à la Corniche (militaire) Carnot de Dijon, il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, Coëtquidan. Il portera les couleurs de l'Armée française au Maroc et en Algérie.

portrait-002.jpgEn 1959, alors qu'il est [Lieutenant] dans l’armée française, il est affecté à Madagascar au 12e bataillon d'infanterie de marine à Fianarantsoa, Madagascar. Après l'indépendance malgache proclamée le 26 juin 1960, Ratsimandrava sert comme officier de l'armée de terre jusqu'en 1962.

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Muté dans la gendarmerie, il effectue un stage à l'École des officiers de la gendarmerie nationale à Melun, (France) et devient en 1967 commandant en second puis finalement commandant de la gendarmerie malgache en 1969. Rastimandrava restera à ce poste jusqu’en 1972 et, à ce titre, commandera la répression violente de l’insurrection paysanne dirigée par Monja Jaona en avril 1971 dans le Sud de l’île.

BIOGRAPHIE  

Né le samedi 21 mars 1931 à 12h 20mn à Mangarivotra Antananarivo, Richard RATSIMANDRAVA est issu d’une famille merina de religion protestante.

Fils de Ratsimandrava, professeur Assistant et de Rasoanindrina.

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Marié à Razafindramoizina Thérèse le 22 septembre 1956. Ils ont eu six enfants.

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En 1938, il a commencé ses études à Antsirabe avant de continuer deux ans plus tard à Antananarivo. Il a alors obtenu son baccalauréat en mathématiques élémentaires au Lycée Galliéni Andohalo.
En 1952, il quitta le pays afin de poursuivre ses études supérieures. Il s'est d'abord inscrit au Lycée Carnot de Dijon pour se préparer à entrer dans l'école spéciale militaire de Saint-Cyr où il a suivi une formation pendant deux ans. Ayant obtenu le grade de Sous-Lieutenant, il porta les couleurs de l'armée française au Maroc et en Algérie.
En octobre 1959, avec son affectation, il retourna à Madagascar et exerça ses fonctions à l'infanterie marine à Fianarantsoa.
Après l'indépendance de Madagascar le 26 juin 1960, RATSIMANDRAVA fut officier de l'armée de terre jusqu'en 1962.
En 1972, sous le régime du Général Gabriel RAMANANTSOA, le poste de Ministre de l'Intérieur lui a été confié. Et c'est là que Richard RATSIMANDRAVA a eu l'idée de fonder sa politique intérieure basée sur la doctrine du « fokonolona » dont il a pensé comme seul cadre institutionnel économique pour le développement du pays.

Le 5 février 1975, suite à une crise politique irrésolue, le Général RAMANANTSOA confie le pouvoir au Colonel Richard RATSIMANDRAVA.

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Du coup, il assurait à la fois le rôle de Président de la République, Premier Ministre et Ministre de la Défense Nationale et du Plan. Aussi, il pensa que c'est l'occasion d'appliquer ses principales politiques telles que:

  • développement national par les « fokonolona »
  • décentralisation des pouvoirs
  • malgachisation de l'économie

 

Son introduction en politique

Tsiranana cède le pouvoir au Général Gabriel Ramanantsoa qui devient alors Chef du Gouvernement en 1972, Richard Ratsimandrava est appelé à devenir ministre de l’Intérieur du nouveau gouvernement. Il a alors l'idée de fonder sa politique intérieure sur la doctrine du « fokonolona » qu'il voit comme seul cadre institutionnel et économique possible pour le développement de Madagascar.

 

Le 5 février 1975, à cause de rivalités et de problèmes non résolus et face à la situation de crise politique, le Général Ramanantsoa lui remet les pleins pouvoirs. Il cumule alors les fonctions de Président de la République, Premier Ministre, ministre de la Défense nationale et du Plan. C'est alors une occasion sans précédent pour lui d'appliquer au mieux sa politique qui s'établit sur :

  • Un développement national par les « fokonolona »,
  • La malgachisation de l'économie sans inégalités,
  • La décentralisation des pouvoirs.

Son assassinat

Il existe plusieurs thèses concernant son assassinat :

La thèse "Officielle"

Le mardi 11 février 1975 - soit exactement 6 jours après son accession à la magistrature suprême - aux alentours de 20 heures, peu après avoir quitté le Conseil des Ministres qui se déroulait à Anosy, Tananarive, Ratsimandrava est abattu par balles dans sa voiture de fonction, ainsi que ses gardes de corps, le GP2 RABOTOVAO Samuel et le GP2 RAKOTOARISOA Bernard, par un commando formé d'éléments du Groupe Mobile de Police (GMP).

Les thèses de l'assassinat politique furent tout de suite confortées par le fait que le GMP ait conduit l'attaque. Parmi les hautes personnalités politiques qui furent mis en cause durant le procès, figurent notamment les suivants : - L'ancien Président Tsiranana, qui fut entendu par la justice malgache et fit fait l'objet d'enquêtes. - Le colonel Roland Rabetafika, qui fut parmi les premiers officiers à avoir été aperçu sur le lieu même de l'assassinat (ce qu'il a d'ailleurs admis durant le procès qu'il y était pour raisons personnelles puisqu'il rentrait à son domicile)

Ces deux personnalités représentaient deux groupements d'intérêts politico-économiques qui avaient chacun pu avoir des intérêts à voir éliminé le nouveau chef d'état.

D'autres témoignages appuient le fait que le capitaine de frégate Didier Ratsiraka aurait également été vu sur les lieux de l'assassinat. Le crédit accordé à cette thèse se base notamment sur le fait que l'on peut considérer qu'il fut le principal bénéficiaire de la disparition de Ratsimandrava dans le sens où cela lui a permis d'hériter du pouvoir.

Malgré le long procès qui se déroula sous le directoire militaire de transition dirigé par le général Gilles Andriamahazo, aucune lumière ne fut faite sur l'assassinat de cet homme que trop de groupes de pression, notamment financiers, pouvaient souhaiter voir disparaître, craignant de voir leurs intérêts fortement remis en question à cause de la politique du "fokonolona" prônée par Ratsimandrava, laquelle visait à nationaliser l'économie et la production malgache.

In fine, le procès de l'affaire Ratsimandrava s'arrêta pour sauvegarder l'unité nationale du pays, déjà assez fragilisée à cette période.

Une thèse "Officieuse" :

Sans que cela puisse être "sourcé", il existe une autre thèse, qui ne sera certainement jamais prouvée. Richard Ratsimandrava n'aurait pas été assassiné au rond point en question, mais aurait été assassiné dans son bureau présidentiel et aurait été par la suite conduit sur le site en question.

Conséquences politiques

L'assassinat de Richard Ratsimandrava a conduit à une telle succession d'évènements que 1975 marque sans doute un tournant pour l'histoire politique de Madagascar.

Quelques heures après la mort du Président, un Directoire militaire chargé d'entamer une période de transition est créé et dirigé par le général Gilles Andriamahazo. On assiste alors à un quasi-scénario de guerre civile entre les partisans du gouvernement militaire et ceux de l'ancien Président Philibert Tsiranana. La loi martiale est décrétée.

Le 13 février 1975, les partis politiques sont suspendus et les tensions continuent à travers tout le pays : des mutins s'engagent dans des violences. Le 14 février 1975, la reddition des mutineries permet la fin des combats. Un des responsables présumés des troubles, M. André Resampa, est arrêté.

Le 21 mars 1975, un procès est alors ouvert pour juger les personnes impliquées dans les évènements : Tsiranana fait partie d'entre eux. Finalement, le 12 juin 1975, 30 des inculpés sont acquittés dont André Resampa et Tsiranana. Trois jours plus tard, le 15 juin, le Directoire militaire décide d'élire un membre qui deviendra le prochain Président de la République.

C'est Didier Ratsiraka, capitaine de frégate, ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement Ramanantsoa, qui est choisi.

 Colonel Richard RATSIMANDRAVA, son assassinat et les conséquences politiques


Le 11 février 1975, le président RATSIMANDRAVA, fraîchement nommé fut assassiné. Officiellement, il a été abattu par balles, au rond point d'Ambohijatovo aux alentours de 20 heures après avoir quitté son bureau. « Officiellement » disais-je car selon un article que j'avais aussi lu (mais sans preuve), paraît-il que le colonel victime aurait été assasiné, non pas au rond point mais dans son bureau, et a été ensuite conduit sur le site. En tout cas, malheureusement, malgré les enquêtes effectuées il y déjà des années, celles-ci n'ont jamais abouties et la verité reste jusqu'à ce jour méconnue.
Par ailleurs les causes de l'assassinat du Colonel RATSIMANDRAVA étaient supposées politiques. Cet assassinat conduisait Madagascar vers un nouveau tournant de l'histoire politique. En effet, quelques heures suivant le décès de RATSIMANDRAVA, un directoire militaire dirigé par le Général Gilles ANDRIAMAHAZO fut créé pour entamer une période de transition.
Le 13 février 1975, les partis politiques furent suspendus, ce qui n'a pas calmé les tensions dans le pays. Mais le lendemain, une reddition des mutineries a mis fin aux différents combats et un des présumés responsables de troubles fut arrêtés.
Le 15 juin 1975, après encore quelques problèmes politiques et sociales, le Directoire militaire décide d'élire un membre qui sera le prochain dirigeant de la grande île. C'est ainsi que le Capitaine de frégate Didier RATSIRAKA était devenu le nouveau Président de la République.

« Tsy miamboho adidy aho mon Général » (Mon Général, je ne tournerai pas le dos à mes responsabilités, en d'autres termes, je ferai face à mes responsabilités), telle est la fameuse phrase prononcée par le Colonel Richard RATSIMANDRAVA au moment où le pouvoir lui a été confié. En ce temps de crise que nous vivons actuellement et qui dure déjà depuis plus d'un an, existe-t-il encore de vrais personnalités qui pourraient « vraiment » répéter cette phrase.

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