Indépendance

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Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr)

 

Rappel
Autrefois royaume indépendant, Madagascar, la Grande île de l’Océan Indien a été annexée par la France, le 6 août 1896 et est devenue un territoire d'outre-mer (TOM) en 1946.
L'insurrection, dans la nuit du 29  au 30 mars 1947 à Moramanga, fut l'un des plus sanglants pour conduire à une forme d'autonomie en 1957.

Préface

Tsiranana le père de l'indépendance malgache

pdt-tsiranana-officiel.jpgL'accession à l'indépendance de Madagascar a été un modèle du genre et on le doit largement à l'habileté de Philibert Tsiranana qui a su profiter de la loi Defferre, inventée à l'origine pour faciliter la décentralisation dans les colonies, mais très vite mise à profit pour créer une autonomie qui allait déboucher sur la souveraineté. La révolte de 1947, réprimée durement par De Chévigné, avait plongé le pays dans un état de torpeur politique dont Madagascar semblait ne pouvoir se remettre. Les premiers députés malgaches élus avaient «porté le chapeau» de la responsabilité de l'insurrection et leurs successeurs apparaissaient fort peu crédibles pour élaborer la réconciliation. Plus que jamais le fossé semblait profond entre les «côtiers» qui, à l'Est du pays, avaient supporté les aléas de la lutte armée et ceux des hauts plateaux qui

étaient soupçonnés de l'avoir fomentée dans le cadre des sociétés secrètes manipulées par le MDRM (Mouvement Démocratique de Rénovation Malgache). Tsiranana devenu parlementaire de la République française adopta le parti courageux de s'entendre avec les Merina et les Betsileo des Hautes Terres et d'obtenir les nécessaires concessions de la France. Pour cela il

fallut gommer l'aspect ethnique du PADESM (parti des Déshérités de Madagascar) où l'on avait associé les côtiers francophiles avec les «nouveaux hova» que Gallieni avait délivrés de leur ancienne servitude sans toutefois les pourvoir en terres à cultiver. Au PADESM Tsiranana substitua graduellement le Parti Social Démocrate qu'il mit sur pied avec ses amis socialistes de la SFIO française. Les gens de la côte et des Hautes Terres qui craignaient une dérive socialiste

se regroupèrent autour de Norbert Zafimahova, proche du MRP centriste de France, mais l'abandonnèrent au profit du PSD dès que Tsiranana eut pris le dessus, avec l'aide du gouverneur général Soucadaux. Les anciens députés MDRM furent ramenés d'exil Les trois années qui précédèrent l'indépendance furent placées sous le signe d'une saine démocratie mais, peu à peu, la montée en puissance du PSD poussa certains membres et affiliés à des comportements dominateurs et c1ientélistes auxquels seuls échappèrent les opposants du Parti du Congrès de l'Indépendance (AKFM) à Tananarive et à Diego Suarez.

L'indépendance, version Tsiranana, permit le transfert harmonieux des compétences, une transition que certains historiens dénoncèrent injustement en parlant d'état néo-colonial. Certes des administrateurs français restèrent auprès du président pour l'aider à gérer un pays, mais cette situation impliquant le passage coopératif du témoin impérial à l'ancien colonisé

devenu souverain a été fréquemment la règle, et, lorsque cette procédure a

été oubliée comme elle le fut au Congo belge, l'inexpérience et la corruption

ont vite fait place aux structures organisées de l'ordre colonial.

Alors qu'il venait de surmonter les tribulations d'une maladie

cardiovasculaire et s'apprêtait à passer les rênes du pouvoir, le président

Tsiranana fut persuadé par quelques thuriféraires hauts placés de rester en

fonction. TIne put désormais arbitrer la rivalité entre ses dauphins: Jacques

Rabemananjara, le ministre des affaires étrangères, et André Resampa, le

ministre de l'intérieur, énergique organisateur qui avait contribué à la dérive

du PSD vers le parti unique. Un complot imaginaire envoya Resampa vers le

bagne bien réel de l'Ile Sainte Marie. Le pays avec un chef affaibli et un

pilote dans la geôle du navire ne put faire face aux contestations, dont la plus

redoutable, celle des étudiants, abattit le régime en 1972.

On était désormais parti pour trente ans de mauvaise gouvemance

durant laquelle nord coréens et cubains surgis d'autres azimuts vinrent

contribuer à l'endettement du pays qui, à partir de 1977, devint colossal,

générant ainsi inflation, pauvreté et corruption.

Devant un tel désastre le peuple qui a survécu plutôt mal que bien, se

mit à regretter Papa Tsiranana, qui vivait au milieu de son peuple

simplement, veillait lui-même qu'aux fêtes ses milliers d'invités aient leur

part de poulet et se passait de gardes du corps, puisqu'il n'avait jamais eu de

sang sur les mains. Il recevait sans protocole ceux qui venaient le visiter au

petit déjeuner et les écoutait amicalement en buvant avec eux un grand bol

de café au lait dans lequel, ignorant superbement son diabète, il mettait sept

morceaux de sucre.

A cet homme généreux, je rends un hommage filial, et nous saurons gré

à André Saura d'avoir établi une si utile documentation qui rétablit une vérité

dont nul vazaha ou malagasy de bonne foi ne saurait disconvenir.

Pierre Vérin

Professeur émérite des Universités

Rappel Historique du début de l'indépendance

  • Le 29 Avril 1959: l'Assemblée constituante malgache adopte une constitution inspirée des institutions de la Vème République française; celle-ci institue un système présidentiel qui octroie la quasi-totalité du pouvoir exécutif aux mains du présidents, chef du gouvernement, face un parlement bicaméral relativement faible sur le papier et quasi totalement faible dans la pratique.
  • Le 1er Mai 1959: Philibert Tsiranana est élu président de la République malgache quasi-unanimement par le parlement (113 voix contre 1 abstention)
  • 26 juin 1960: Proclamation de l'indépendance malagasy. Dans les années 60, Madagascar est l'un des pays les prometteurs parmi les anciennes colonies françaises.

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