Créer un site gratuitement Close

Colonisation

wikipedia.jpgdaddy-boky4.jpgLES CAUSES DE LA COLONISATION

Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr - dadaroby24@gmail.com)

parchem-mcar-ancien.jpgLa conquête de Madagascar
Conquête européenne de l'île
En 1500, DIEGO DIAS, navigateur portugais en route vers les Indes, fut le premier Européen à approcher les côtes de Madagascar. Les portugais furent donc les premiers européens qui accostèrent en 1506 ; ni eux ni les hollondais ne réussissent à l'occuper. Au cours du XVIIe siècle, les Européens qui avaient ouvert en Inde des comptoirs à épices tentèrent de s'établir sur les côtes malgaches. Quelques comptoirs portugais furent fondés sur le littoral nord-ouest, concurrençant le commerce arabe. Les Français s'installèrent à la pointe méridionale de l'île en 1642 où ils créèrent le port de Fort-Dauphin. LOUIS XIV, afin de prendre de vitesse les Anglais, proclama la souveraineté française sur le territoire malgache, baptisé Île Dauphine. La résistance armée des populations locales contraignit cependant les Français à évacuer Fort-Dauphin pour l'île Bourbon (actuelle Réunion) en 1674. Au XVIIIe siècle, alors que pirates anglais et français utilisaient l'île comme base pour leurs expéditions dans l'océan Indien, une nouvelle tentative de colonisation fut menée. Quelques comptoirs commerciaux s'implantèrent sur la côte est. Mais depuis le XVIIe siècle, les communautés s'étaient structurées en entités politiques. Sur le plateau central, les Merinas avaient formé un royaume puissant?; sur la côte ouest, les Sakalav, qui avaient acquis la maîtrise de la métallurgie du fer, avaient entrepris d'unifier sous leur domination les communautés d'éleveurs de zébus. La puissance sakalava fut cependant minée par les querelles de succession et buta sur l'opposition des Merinas des Hautes Terres, auxquels les Sakalav durent finalement se soumettre. Seule subsista une principauté qui allait résister par la suite à la colonisation française. L'unificateur du royaume merina, et de Madagascar, fut Andrianampoinimerina Il soumit les Betsileo et les Sihanaka des Hautes Terres et organisa son royaume en fokolona, unités sociopolitiques constituées à partir des structures traditionnelles. Son fils et successeur, Radama Ier, céda aux sollicitations des Britanniques, installés sur l'île Maurice et inquiets de voir la France prendre pied sur Madagascar. Des officiers britanniques entraînèrent les troupes merinas; les missionnaires britanniques fondèrent des écoles et introduisirent le protestantisme. Doté d'armes modernes et forts de l'appui anglais, Radama poursuivit l'unification entreprise par son père. À sa mort, une forte réaction contre la culture européenne commença à naître; elle serait désormais une constante dans la politique du pays.
Histoire - La colonisation française

La France s’était intéressée à Madagascar depuis la politique coloniale de COLBERT au XVIIe siècle, laquelle fut à l’origine de la Compagnie des Indes Orientales. Madagascar se trouvait dans la sphère des activités commerciale de cette Compagnie. C’est dans ces conditions que Fort-Dauphin fut construit en 1642. Pronis étendit en 1646 le commerce de Fort-Dauphin à la côte Betsimisaraka où l’influence française s’affirma de plus en plus pendant toute le XVIIIe siècle.
Depuis Richelieu, la France pensait pouvoir accéder à la possession de Madagascar en encourageant, par de multiples édits, l’installation des colons.
En 1641, la société de l’Orient  dont le premier objectif était d’occuper Madagascar, fut fondée par RICHELIEU. Le 24 juin 1642, RIGAULT reçut les lettres patentes de LOUIS XIII déclarant la souveraineté de la France sur la Grande île africaine.
En 1643,le français Jacques de PRONIS qui abordait le Sud Est de Madagascar, baptisât l’endroit Fort Dauphin en hommage à l’héritier du couronne de France LOUIS XIV.
En 1664, COLBERT organisa la Compagnie des Indes Orientale et le 1er juillet 1665 Madagascar reçut le nom d’Ile du Dauphin.
BONAPARTE également intéressé, donnait l’ordre au général DECAEN de prendre des mesures pour l’organisation des possession de Madagascar. Sylvain ROUX y fut envoyé et s’installa à Tamatave.
Les Anglais avaient tenté également de s’implanter autour de l’île ; ils y subirent de graves échecs à Nossi-Bé en 1644_45 et dans le Nord du Pays.
Après avoir pris  l’île Bourbon et l’île de France, les Anglais devenaient maître de Tamatave, en 1811, par suite d’une capitulation conclue entre Sylvain Roux et le commandant d’une division britannique.
La traité de 1814 cédait l’île Maurice à l’Angleterre. Mais le résident  anglais de l’île Maurice, Sir Farquhar considérait les Etablissements de Madagascar comme dépendance de cette île, il soutint avec véhémence que le même traité avait transféré à Angleterre toutes les colonies françaises de Madagascar.(Dip Mal)
En 1642, le Cardinal de Richelieu fonde la Société de l’Orient. Il ordonne la prise de position officielle de l’île Saint Laurent, Madagascar au nom de Sa Majesté Louis XIV. *(En 1643, le français Jacques de Pronis qui abordait le Sud-Est de Madagascar, baptisât l’endroit Fort-Dauphin, en hommage à l’héritier du couronne de France, Luois XIV.)* Alors, plusieurs gouverneurs se succèdent : Le Chevalier de Flacourt remplace Le Rochelais Pronis brutal et autoritaire.

1. Les causes externes

a- Causes politiques et économiques

  • Pour éviter les rivalités, les pays européens ont partagé le monde pour créer de vastes empires coloniaux. Ils se sont réunis à Berlin pour faire ce partage. Pendant cette conférence, l’Angleterre donne Madagascar à la France en échange de Zanzibar.
  • Avoir un empire colonial était un signe de puissance et un motif de fierté.
  • La révolution industrielle oblige les européens à chercher des matières premières pour leurs usines et des débouchés (marchés) pour les produits finis. Ils ont aussi besoin de terres de peuplement et de travail pour les hommes.
  • Sur le plan stratégique la place de Madagascar permettait à la France de contrôler le commerce international dans l’Océan Indien et d’y installer une base militaire.

b- Causes sociales et culturelles

  • Les Européens pensaient que leur civilisation était supérieure aux autres, par conséquent coloniser et instruire les « races inférieures » étaient un devoir : c’est la mission civilisatrice (éducation, évangélisation).

2. Les causes internes

  • En 1883-1885, une guerre éclate entre les Malgaches et les Français. Elle se termine par la signature d’un traité (accord). Ce traité considère Madagascar comme protectorat français. Cependant le premier ministre Rainilaiarivony refuse ce protectorat qu’il appelle protectorat fantôme.
  • Le refus du premier ministre provoque une deuxième guerre franco-malgache en 1894-1895. Elle se termine par la défaite malgache et la signature d’un protectorat réel.
  • Des révoltes éclatent car la population malgache conteste ce protectorat. Des mouvements de résistance se forment ainsi que des mouvements xénophobes.
  • La réaction de la France est immédiate :
    • une loi d’annexion est votée,
    • le protectorat est aboli et le 6 août 1896 Madagascar devient une colonie française.

B - L’ADMINISTRATION COLONIALE

Face aux différentes révoltes, la France envoie le premier gouverneur général, le général Gallieni, pour contrôler les Malgaches et pour faire régner la paix. Gallieni va mettre en place une administration militaire qui sera remplacée par une administration civile.

1. Administration militaire : la pacification (1896 -1905)

La pacification est la période pendant laquelle le général Gallieni rétablit la paix à Madagascar. Pour cela il utilise différentes méthodes :

  • Politique de la terre brûlée : pour obliger la population à se soumettre, on détruit leurs cultures et leurs villages.
  • Politique des races : il faut abattre la domination merina de l’époque.
  • Politique « diviser pour mieux régner » : il faut séparer les Malgaches pour créer une confusion.
  • Politique de la tâche d’huile : pacifier d’abord le centre et seulement après les autres régions pour arriver à tout Madagascar.

Cette pacification s’accompagne d’exécutions des chefs de mouvements de révolte pour terroriser la population. Les postes militaires ont été créés pour mieux contrôler la population.

 

Trait d’héroïsme du général Gallieni à Madagascar, Le Petit Journal, 26 juin 1898.

2. Administration civile

a - Organisation générale

Le Président de la république française est le premier responsable de l’administration coloniale. Il est suivi du ministre des colonies qui s’occupe de l’administration coloniale et désigne les gouverneurs généraux dans les colonies. Ces deux personnalités résident en France.

b - Organisation interne

Les fonctionnaires responsables de l’administration coloniale :

  • Le gouverneur général : il a tout les pouvoirs et publie les lois. Il est de nationalité française.
  • Le secrétaire général : il est responsable de l’administration civile et politique. Il est également français.
  • Le conseil de gouvernement : il est composé de 15 membres dont 13 Français et de 2 Malgaches. Ce Conseil s’occupe de la politique générale du pays.
  • Les représentants économiques et financiers formés de 50 membres (25 Français, 25 Malgaches) : ils s’occupent de l’élaboration des lois et de l’aménagement du territoire.

c - Division administrative

  • Madagascar est divisée en provinces, dirigées par un chef de province de nationalité française. Il exécute les ordres du gouverneur général.
  • Chaque province est divisée en districts dirigés par un chef de district de nationalité française. Il contrôle l’exécution des tâches et il conseille.
  • Chaque district comprend des cantons dirigés par un chef de canton de nationalité malgache. Il tient le registre et collecte les impôts. Dans son travail le chef de canton est aidé par le chef de village et le chef local traditionnel. Dans les cantons la population est organisée en fokonolona.

3. Les rôles de l’administration coloniale

Elle représente directement la métropole. Elle assure l’application des lois et la bonne marche des services publics. Elle aide les colons à sauvegarder les intérêts de la France à Madagascar.

C - L’EXPLOITATION COLONIALE

Le principal objectif de la colonisation est l’exploitation économique de Madagascar. Pour réaliser ce but différentes mesures ont été prises par l’administration coloniale : le code de l’indigénat, le pacte colonial, et les impôts et prestations.

1. Le code de l’indigénat

C’est l’ensemble des règles qui placent les indigènes sous la domination des colons. Le non-respect de ce code expose l’indigène à des punitions très sévères. Les mesures d’ordre social et politique ont été prises. La société coloniale a été divisée en deux classes :

  • La classe des dominants constituée par les colons : les Français qui ont tous les pouvoirs administratifs et politiques ainsi que tous les moyens de production.
  • La classe des dominés constituée par les Malgaches. Cette classe est elle-même divisée en deux :
    • Les citoyens : les Malgaches privilégiés mais minoritaires qui obtiennent quelques avantages mais restent soumis aux Français.
    • Les indigènes : la masse populaire malgache soumise au code de l’indigénat. Ils sont comme des objets, des moyens de production français. Ils n’ont aucun droit politique et administratif. Ils doivent payer les impôts et faire des prestations (travail forcé).

2. Le pacte colonial et l’économie de traité

a- Le pacte colonial...

est un système économique qui oblige chaque colonie à ne vendre et à n’acheter qu’à sa métropole. Son objectif est de rendre l’économie de Madagascar dépendante de celle de la France. Il élimine la concurrence des autres pays et il fait de Madagascar une source de matières premières pour l’industrie française et un débouché pour vendre des produits manufacturés. Pour favoriser ce pacte des mesures ont été prises :

  • Les transports de produits entre Madagascar et la France se font par l’intermédiaire de grandes compagnies de navigation françaises ; exemples : CLM : Compagnie Lyonnaise de Madagascar, CMM : Compagnie Marseillaise de Madagascar, SICE : Société Industrielle Commerciale de l’Empire.
  • Il est interdit de construire des usines à Madagascar pour ne pas concurrencer les usines de la métropole.
  • Les produits des autres pays sont taxés à la douane tandis que les produits français entrent librement.
  • Madagascar entre dans la zone franc pour faciliter les échanges commerciaux.
  • Un réseau bancaire a été créé pour financer les grandes compagnies commerciales ; exemples : la banque de Madagascar et le comptoir d’escompte.

b- L’économie de traité

Pour développer l’économie de traité, la France remplace l’économie d’autosubsistance par l’économie de marché. C’est une politique des colonisateurs qui consiste à acheter les matières premières à bas prix et à revendre les produits finis à prix élevé. Pour assurer le bon fonctionnement de l’économie de traité, les Français adoptent une loi sur le régime foncier et deviennent propriétaires des terres des Malgaches. Ces derniers doivent alors travailler dans les plantations françaises.

3. Les impôts et ses prestations

a- L’impôt

est une somme d’argent que l’on doit payer aux autorités. Pendant la colonisation l’impôt était une source d’argent pour l’administration coloniale. C’est aussi un moyen pour forcer les Malgaches à travailler dans les plantations françaises. L’impôt est un moyen pour éduquer et civiliser les malgaches par le travail. L’impôt permet le contrôle de la population. Les différents types d’impôt sont :

  • la capitation,
  • l’impôt sur les biens,
  • l’impôt ou taxe sur les marchés.

b- Les prestations ce sont des mesures qui obligent les indigènes à faire des travaux gratuits pour l’administration coloniale dans le but de :

  • Solutionner les problèmes de main d’œuvre.
  • Tout homme malgache de 16 à 60 ans doit faire des travaux obligatoires de 10, 30 et 50 jours dans l’année.

Durant cette période les hommes malgaches ont construit des routes, des chemins de fer, des tunnels, des ponts, des écoles, des hôpitaux... Le gouvernement colonial multiplie dès lors les efforts pour améliorer l’économie, développant le réseau routier et exploitant plus méthodiquement les gisements de charbon. Toutes les tentatives de réformes politiques se brisent en revanche sur les intérêts coloniaux.

Construction de la voie ferrée Tananarive-Tamatave (vers 1908).

Le but des prestations était aussi de lutter contre le brigandage et le vagabondage. C’était aussi un moyen de répression contre les mouvements de contestation. En 1901 les prestations sont supprimées par Gallieni et en 1926 l’administration coloniale met en place le SMOTIG (Service de la Main d’Oeuvre pour les Travaux d’Intérêt Général). C’est un service militaire obligatoire pour tous les jeunes pendant 3 ans.

4. Le bilan de l’économie malgache sous la colonisation

La colonisation a eu des aspects négatifs et des aspects positifs.

a- Les aspects négatifs

La France n’a pas cherché à développer Madagascar. Son principal objectif était de piller nos richesses :

  • Madagascar était devenu un fournisseur de matières premières.
  • Madagascar était aussi devenu un marché exclusivement français.
  • Vol des terres des Malgaches.
  • Déséquilibres régionaux : seules les régions riches sont développées.

b- Les aspects positifs

  • Unification de Madagascar sous une seule autorité.
  • Développement des transports (routes, chemins de fer...).
  • Développement de l’équipement (hôpitaux, bâtiments administratifs).
  • Développement du commerce extérieur (économie de marché).
  • Utilisation de nouvelles techniques (utilisation d’engrais chimiques, machine).


Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site