Cérémonies ancestrales

wikipedia.jpgdaddy-boky4.jpgCérémonies Ancestrales

Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr - dadaroby24@gmail.com)

 

 

A la croisée du passé et du présent à l’image du respect toujours dû aux rois coutumiers, les cérémonies traditionnelles sont souvent l’occasion de rassemblements impressionnants et hauts en couleur.

Le mouvement "Fifohazana"

fifohazana.jpgLe Fifohazana ou Réveil, dont les membres sont appelés «Mpiandry» ou Bergers est un courant fondamentaliste très particulier du christianisme malgache. Il n’a pas été importé, mais est né de la perception que les fondateurs ont eux mêmes eut des Saintes Ecritures. Les plus radicaux des Mpiandry sont reconnaissables à leur ample tenue blanche et leur chapeau à large bord orné d’un ruban également blanc. En ville, ils n’endossent cette tenue que pour le « Asa » ou Travail consistant en séances de prières et d’impositions de mains. Le Fifohazana possède 4 grands Centres de Formation et autant de courants : Farihimena, Manolotrony, Soatanana près de Fianarantsoa, et Ankaramalaza près de Manakara. Leurs grands rassemblements, auxquels les visiteurs étrangers sont les bienvenus, sont impressionnants.

Le "Tsangatsaina"

Tous les 5 ans le pays des Antakarana au Nord célèbre la Cérémonie du Mât ou Tsangatsaina. Le drapeau de la République côtoie alors sans problème celui à croissant et étoile rouge du souverain en uniforme napoléonien sur son palanquin. Le choix du nouveau mât qui portera pendant 5 ans les couleurs et valeurs Antakarana est des plus méticuleux. Précédée d’un pèlerinage aux Mitsio et dans les grottes nécropoles de l’Ankarana, sa mise en terre est une des fêtes les plus courues par les chasseurs d’image.

Le "Fanompoambe"

 

Le Fanompoambe est la Cérémonie de Bain des Reliques Royales des Sakalava du Boina, dont celles du roi Andriamisara. Ces ancêtres dont on a prélevé quelques dents et vertèbres sont considérés comme les intercesseurs entre Dieu et les hommes, et vénérés comme tels. Une salve de fusils de chasse salue la sortie des reliques de leur sanctuaire pour être baignées dans le sang de taureaux spécialement choisis. Elles ne regagneront leur place qu’après avoir fait 7 fois le tour du lieu sacré. Les déplacements dans cette enceinte sont très réglementés, notamment pour ce qui est de la tenue vestimentaire et de la coiffure des femmes. Même le premier pas doit impérativement être fait avec le pied droit ! Le Fanompoambe a lieu au sanctuaire de Miarinarivo -Tarakan Ambon, à Majunga.

Le "Fitampoa"

fitampoha.jpgLes Sakalava du Menabe ont pour leur part le célèbre Fitampoha. Les reliques sont sorties de leur «zomba» à Belo sur Tsiribihina et acheminées jusqu’à Ampasy par des porteurs attitrés en pagne et bandeaux rouges. Les festivités sont alors ouvertes avec danses, chants, lutte traditionnelle «Moraingy». Pendant une semaine les ancêtres sont à l’honneur dans un décor magnifié par la pleine lune et les couchers de soleil rouges. Les reliques sont suspendues à des poteaux alignés sous une tente blanche appelée «rivots». Pendant le Bain des Reliques il est interdit de se chausser et de traverser la rivière Tsiribihina. Toute la cérémonie est régie par des «fomba» (coutumes) et un protocole bien rodé jusqu’au «Valabe» final décrit comme un grand moment de défoulement collectif.  Pour rejoindre Ampasy il y a l’hélico, la descente de la Tsiribihina, et la (longue) route Tana-Antsirabe-Miandrivazo-Malaimbandy -Morondava- embarcadère Sainte Mary.

Le "Sambatra"

Tous les 7 ans, «l’année du Vendredi» dans le calendrier astrologique traditionnel, les Antambahoaka se réunissent à Mananjary pour la circoncision collective du «Sambatra». Elle concerne tous les garçons nés durant les 7 années précédentes, et a lieu à une date décidée par les «ombiasy» (astrologues) en fonction de l’apparition de la lune descendante. Des milliers de familles viennent alors de leurs campagnes pour 8 jours de réjouissances qui mettent Mananjary en effervescence.

Le Nouvel An malgache ou « Alahamadibe » ou Asaramanitra »

Il est régulièrement célébré par certains clans nobiliaires comme les Zanadranavalona en attendant de retrouver une place à la mesure de la culture qu’il véhicule. L’Alahamadibe a ses rites basés sur les 3 règles du pardon, de la purification du corps et celle de l’esprit. Il était autrefois couplé au «Fandroana» ou rite du Bain, symbolisant cette purification. Les malgaches suivaient le calendrier lunaire introduit par les arabes. Chants, «Kabary» ou discours, danses folkloriques, partage de la viande de zébu marquent la célébration.

Le Famadihana ou Retournement des morts

Il existe plusieurs circonstances à la pratique du "Famadihana". La première trouve son cadre lorsque le défunt n'a pu être enterré dans le tombeau de famille au moment du décès. Ses proches vivants doivent alors, quelques années plus tard, le ramener au caveau familial. Cette opération, réalisée en saison sèche, pour des raisons sanitaires, est toujours l'occasion de manifester sa joie et de fêter l'événement. La deuxième circonstance s'impose envers chaque défunt dans la conception religieuse traditionnelle malgache, puisque les vivants doivent honorer leurs ancêtres. On pense que l'ancêtre a froid et a donc besoin d'un nouveau linceul. La cérémonie du "Famadihana" est fixée en principe plusieurs années après le décès.

Le "Mpanandro" (astrologue) en détermine le jour et l'heure. Le corps est alors exhumé puis enveloppé dans une natte "tsihy" qui sera porté par deux hommes alors qu'un groupe de proches, hommes, femmes et enfants processionnent, les uns chantant, les autres jouant d'un instrument de musique.

Des plaisanteries sont échangées avec les personnes rencontrées et même avec le mort.
Enfin, une fois arrivé au caveau familial, le défunt est à nouveau enveloppé d'un "Lambamena" (pièce d'étoffe) neuf après avoir été l'objet d'attentions particulières. (Onction de miel, don de tabac, de riz ou d'alcool). Puis avant qu'il ne réintègre sa demeure, la coutume veut qu'on lui fasse faire sept fois le tour du tombeau.

L'ensemble de la cérémonie est exécuté dans une ambiance de fête et de réjouissance. La musique, les chants et les rythmes se mêlent au sacrifice d'un zébu et au partage de sa viande. Un discours en mémoire du mort et à la destinée des vivants closent la cérémonie. 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×