Mahafaly

wikipedia.jpgdaddy-boky4.jpgMahafaly

"rendre heureux"

Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr - dadaroby24@gmail.com)

 

Les Mahafaly (ou Mahafali, Mahafale, Mehafaly) ethnie du sud, très proche des Antandroy, sont un peuple du sud-ouest de Madagascar.

Le pays Mahafaly qui, géographiquement, est délimité par les cours de l’Onilahy au nord et la Menarandra au sud, commence en fait à hauteur de la RN 7: la plupart des villages de charbonniers et d’agriculteurs au Sud de la « montagne » de la Table sont peuplés de migrants tanalana (populations de la plaine côtière mahafaly).
De la pénéplaine cristalline orientale jusqu’au vaste plateau calcaire qui plonge à l’ouest sur la plaine côtière, les agropasteurs Mahafaly, sans cesse en quête de nouveaux pâturages, pratiquent une transhumance qui renforce leur légendaire cohésion.
Mahafaly ne signifie t-il pas littéralement « vous qui nous rendez heureux » ?
Jusqu’à la fin du XIXè siècle, les royaumes Mahafaly surent se faire respecter de leurs voisins antandroy, antanosy (de Bezaha), bara et masikoro et ils ne ménagèrent pas les traitants étrangers, pillant les navires naufragés sur leurs côtes et razziant régulièrement les comptoirs.
Si cette région du Grand Sud subaride resta longtemps mystérieuse et inexplorée, elle est, de nos jours réputée pour le talent de ses sculpteurs sur bois, l’originalité de sa faune et de sa flore et ses richesses minérales (pierres fossiles, précieuses et fines).
D'ANDRANOVORY à BETIOKY
 Andranovory (70 km à de Toliara).
Cette bourgade marque le carrefour de la RN 7 et de la RN 10 sur son marché, on vend des sauterelles grillées au kilo quand ces insectes s’abattent sur les cultures de la région.
 Le Tropique de Capricorne
La RN 10 franchit le tropique du Capricorne à environ 45 km au sud d’Andranovory. L’occasion de se souvenir, non sans une pensée nostalgique pour ses manuels scolaires de géographie, que cette ligne fictive, distante de 23° de l’équateur, marque la limite sud du passage du Soleil au zénith.    
 Bezaha
Les riziculteurs antanosy originaire de Taolañaro (Fort Dauphin) qui peuple ce village, à 59 km au sud-est d’Andranovory via Inanavy, et 22 km à l’est de Tongobory, ont bénéficié d’un ancien aménagement hydro-agricole.
Des eaux chaudes (55° C) et sulfureuses, témoignage d’un volcanisme actif, sourdent çà et là. Le complexe thermal mis en chantiers par les Sud-Africains dans les années 1960 est, hélas tombé en complètes décrépitudes.    
 Réserve de Bezaha-Mahafaly
Ces quelques 600 ha de forêt d’épineux, sur la rive gauche de l’Onilahy, abritent des spécimens de la plupart des espèces végétales et animales du Sud malgache (lémuriens, tortues radiées et hérissons malgaches, ou tenrecs…)
La visite requiert une autorisation de l’Association nationale pour la gestion des aires protégées (ANGAP) et il est recommandé de prendre un guide pour s’y rendre, le trajet étant compliqué.
DE BETIOKY au CANAL DU MOZAMBIQUE
 Betioky
Passé la bourgade commerçante de Tongobory, la RN 10 est jalonnée d’imposants tombeaux caractéristiques de la culture Mahafaly. Elle traverse la forêt sèche au pied de petites collines, pour rejoindre Betioky (23 km au sud). Cette petite ville aux rues bordées de baobabs ornementaux est très animée les jours de marché.
Sous les arcades du centre-ville, des couturières travaillent à la demande sur d’antiques Singer, tandis que rubis et améthystes se négocient dans les échoppes voisines de la station de taxis-brousse.    
Non loin, des beaux tombeaux, à l’entrée de la bourgade, un atelier d’art propose bois de lit, coffrets, boîte à miel et copies d’aloalo (poteaux funéraires sculptés et peints) anciens.
 La Plaine Côtière Tanalana
En quittant la RN 10 à 24 km au sud de Betioky pour prendre le couloir d’Itambono, il est possible d’effectuer une randonnée inoubliable dans le Grand Sud, pour peu qu’on dispose d’un 4x4, de matériel de camping et de réserves de carburant.
Du village vezo de Beheloka à l’extrémité de la piste, on peut suivre le littoral jusqu à Soalara et Anakao à 62 km au nord, ou tenter la grande aventure jusqu’à Androka au sud.    
La piste, difficile déroule son ruban sableux entre une mer d’émeraude ourlée de lagons et la végétation fantastique du bush : Fantsiholitra, gigantesques arbres épineux d’un vert irréel dont les tiges évoquent des bras de singe, Rondroho, ou arbres-saucisses, tamariniers et figuiers de Barbarie ou raiketa.
 Réserve Naturelle Intégrale de Tsimanampetsotsa (30 Km au sud-est de Beheloka).
Elle s’ordonne autour du lac salé de Tsimanampetsotsa, immence nappe eau d’un blanc laiteux bordée d’arbres pétrifiés, sur laquelle évoluent des centaines de flamants roses, des pluviers et autres échassiers.
Vivent aussi dans le lac les fameux typhleotris, poissons aveugles extrêmement rares. Cette réserve de 43 000 ha n’est pas toujours accessible, mieux vaut s’informer auprès de l’ANGAP.    
 Le Charbon de la Sakoa
D’Ambatry (16 km au sud de Betioky), une route rejoint l’ancien centre minier d’Ankinany à 62 km à l’est. Dans les années 1940, on projetait d’industrialiser tout le Sud grâce au charbon de la Sakoa.
Une voie ferrée fut même installée dans le couloir d’Itambono pour acheminer le minerai jusqu’au port de Soalara, dans la baie d’Anantsoño, comme en témoignent les rails et les wagonnets abandonnés dans le bush.
Ce minerai sulfureux et de faible teneur alimenta épisodiquement les abattoirs de La Rochefortaise, à Toliara, jusque dans les années 1970.
 Androka (81 Km à l’ouest d’Ampanihy.)
Si l’on campe près de ce village vezo installé à l’embouchure de la Linta, on pourra profiter des belles plages qui ourlent la baie d’Ampalaza, explorer ses fonds coralliens et embarquer avec les pêcheurs pour Nosy Manitse.
D’Androka, une bifurcation permet de rejoindre la RN 10 à Ampanihy et de découvrir au détour de la Linta, les tombeaux royaux érigés au bord du fleuve (Betioky – Ampanihy : envrion 280 km)    

 Beahitse (52 km de Betioky sur la RN10).
Au sud de Betioky, d’impressionnants tombeaux ornés d’aloalo se dressent au bord de la route nationale. Passé Beahitse, seul gros village entre Betioky et Ejeda, cactus et baobabs font place à des champs de sisal et à des haies de figuiers de Barbarie.
 Ejeda
A l’entrée de ce gros bourg commerçant, situé à 84 km au sud de Betioky, un pont de pierre enjambe la Linta, fleuve qui, de mince filet d’eau en hiver, se change en un torrent furieux à la saison des pluies.
Les troupeaux de zébus viennent alors s’y abreuver, tandis que des lavandières étendent au soleil des lambahoany aux couleurs éclatantes. Au dire de certains, Ejeda devrait son nom à un redoutable adjudant ou ejeda – français de la période coloniale.    

 Mine d'Or
La piste qui s’ouvre à droite de la RN 10, à 5 km au sud d’Ejeda, avant Beholiva, mène à des placers (mares bordées de levées de terre, de tranchées et de paillotes ) sur lesquels s’activent chercheurs et chercheuses d’or.
 Mines de Rubis
Pour visiter les mines de rubis il convient de s’adresser au fokontany (conseil municipal) et aux hôteliers d’Ejeda et de prendre un bon guide car l’itinéraire est assez compliqué : suivre la piste qui mène à Bekily, via Gogogogo, au nord-est d’Ejeda, puis bifurquer après Vohitany, le centre pénitentiaire régional.
Des monticules de sable et pierres grises signalent la vaste excavation d’où montent, de loin en loin, des coups sourds de barre à mine et de burin.
Dans les vallons qui séparent Ejeda d’Ampanihy (50 km), les paysages s’humanisent peu à peu : aux pâturages s’ajoutent des champs clôturés (vala) par des épineux, quelques rizières et de magnifiques manguiers.
 Ampanihy
Avec ses administrations, ses nombreux commerces, son hôpital et son lycée, cette ville est bien la capitale du pays mahafaly, mais elle s’enorgueillit surtout de son étonnant marché du samedi matin.
Les agropasteurs affluent d’une centaine kilomètres à la rondes dans leurs chars à bœufs pour venir vendre sur la grand-place du riz pilé, du manioc, du mais, de la canne à sucre, des volailles, des légumes et plantes potagères, du poisson, des coquillages, marchander des couteaux, des roseaux à tresser, de l’orseille (lichen dont on tire un colorant), des objets en bois sculpté ou en plastique, des vêtements, des chapeaux ...
Outre l’exotisme des produits, il faut insister, avec François Sabelli (Les Marchés ruraux d’Afrique noire, Universalia 1985), sur cette vocation de « marché périphérique où la négociation économique n’est que l’aspect apparent d’un rapport politique au sein duquel le prestige des uns s’oppose au calcul des autres ».
Ampanihy est aussi un centre minier. Les prospecteurs viennent proposer tourmalines et grenats aux voyageurs, tandis que l’entreprise Delorme, installée à la sortie de la bourgade,expédie jusqu'à la capitale des pierres fines qui, une fois taillées, deviennent pièces de jeu de solitaire et boules ornementales.    

Après Ampanihy, le relief se fait plus vallonné et la piste plus difficile.
Dans le bush qui s’étend à perte de vue, les distances paraissent toujours plus longues.
Seuls les tombeaux qui s’élèvent de part et d’autre de la piste et, de loin en loin, un baobab au large tronc viennent rompre l’unité du paysage.
 Tapis Mohair
En raison de la raréfaction des chèvres angoras et, surtout de lourdes erreurs de gestion, la Maison du mohair d’Ampanihy, créée à la fin des années 1940 et vite devenue une coopérative, a fermé ses portes au début des années 1980.
Cependant, des tisserandes, établies à leur compte ou travaillant pour un réseau commercial, confectionnent encore chez elles de splendides tapis mohairs de 20 000 points, bruns et/ou blancs, à motifs d’aloalo, de croix mahafaly ou antandroy.
Les tapis de plus de 20m² sont appelés autobus en souvenir de l’un des premiers gros cars qui ont desservi Ampanihy.
 Passage de la Menarandra
A 41 km au sud d’Ampanihy, la piste traverse la Menarandra, fleuve dont le large lit sépare le pays mahafaly de l’Androy. Les bouviers y mènent baigner leurs zébus, sous la garde des deux tombeaux monumentaux ornés de fresques, d’avion de bois et de bucranes qui se font face sur la colline dominant la rive gauche.    
 Tranoroa (41 km l’est d’Ampanihy).
Ce gros village perdu dans le bush, avec une épicerie pour unique commerce, est le centre d’exploitation de mines de graphites gérés par des sociétés sud-africaines.
 Tombeaux Mahafaly
Comme les Antandroy, les Mahafaly érigent de vaste sépultures individuelles sur le modèle des tombeaux royaux, qui dépassent souvent les 200 m².
Bucranes et aloalo (poteaux de bois sculptés et peints) ornent leur sommet, et des motifs géométriques ou des scènes de la vie quotidienne du défunt peintes de manière naïve courent parfois sur les murs en maçonnerie.    
L’érection de ces tombeaux commémoratifs et les cérémonies qui précèdent l’enterrement peuvent s’étaler sur plusieurs mois, s’accompagnant de fort coûteuses hécatombes de zébus.
Les Mahafaly tolèrent plutôt bien la présence d’étrangers lors de ces cérémonies.

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