Bezanozano

wikipedia.jpgdaddy-boky4.jpgBezanozano

"Ceux qui portent beaucoup de nattes"

Robert ANDRIANTSOA (robertandriantsoa@yahoo.fr - dadaroby@gmail.com)

 

Les Bezanozano, une des premières souches des Vazimba
Les Bezanozano, qui occupent l'Ankay (région de Moramanga) sont remarquables par « la forte cohésion de leurs clans » (Jean-Louis Ndemahasoa).
Une grande partie d'entre eux est de souche Vazimba, c'est pourquoi ils sont parfois appelés « Zafimbazimba ». Une autre serait des « Berahoraho », un grand ensemble de clans issus des « Rasikajy » du Nord-est, dont la dernière vague est amenée par Ndriamaharo-Biry des « Filohabe » (grands notables) de Maroantsetra.
Les Vazimba et les « Masa » (généraux) ont tout d'abord l'Ankay, qui est alors très vaste bien avant le 17e siècle et encore plus au 18e siècle. Ils brûlent les forêts et s'installent un peu partout. Chaque village est dirigée par un chef écouté. Par la suite, de nouvelles figures apparaissent un peu partout, et les Vazimba et les « Masa » s'unissent en principautés, puis en royaumes indépendants.
Parmi les figures de ces lointaines époques, des femmes se distinguent, telles Razaizay, Rafotsy Bealokinitany, Ramasoandrobe. « sans doute en souvenir de cette sorte de divinisation des femmes que les anciens Bezanozano étaient si remarquables pour leur profond respect de la femme, en général... » A cette dynastie de femmes succède celle des hommes, issus de clans composites nommés les « Tambarikanagna », dont des traces se voient en pays betsimisaraka.
Il ne se passe rien du 1er au 10e siècle de notre ère. Les « Zafimbazimba » s'installent alors dans l'Ankay (de l'Antsihanaka à l'Ankova), dans le Centre où règneront finalement les « Zafimahatsangy » de Rafohy et Rangita, les « Zanakony Maniry » (futurs Zafimaniry), Andria Naravina et ses descendants...
Du 10e au 15e siècle, les « Berahoraho » arrivent de l'Est. Les villages se fortifient à l'aide des fossés, dont les plus grands sont « Ankadibe » à l'ouest et, à Antsitandràra, à l'est, « Ambohijanahary » avec ses huit rangées de fossés profonds de 10 m. Et il se produit un métissage les enfants des premières souches s'assimilent aux «Berahoraho » qui transparaît sur leur mode de vie : maisons décorées de quatre cornes, tombes avec des monuments funéraires appelés « Fihemba »
(«Aloalo » dans le Sud , pierres levées de commémoration, vocabulaire enrichi...
Quatre royaumes se remarquent alors : Sahanala, Tanabolo, Vohibolo dont la capitale est Antanantolobe, et Vohibe qui sera, sous Andrianampoinimerina, celui de Rajanala, une Merina. Le plus grand est celui de Vohibolo que Radama I n'atteindra qu'avec l'aide des Anglais.
Le pays des Bezanozano connaît une grande expansion au 18e siècle, mais au 19e siècle, il affrontera trois longues guerres : celle de Bemihisatra commencée contre les Sakalava, dès le 17e siècle ; celle de Bemaharaha contre les Betsimisaraka ; et celle de Mandavana contre les Merina. ces derniers, aidés des Vazaha, l'emportent facilement, et l'Ankay est divisé en huit, puis en douze districts, sous tutelle de deux provinces, Ambohimahasoa et Ambohitrony.
Le gouvernement merina se traduit par une double autorité, militaire et civile, toutes deux bien hiérarchisées : de haut en bas, les « Amboninjatovo », les « Tomponarivo » et les « Vodivona » pour les militaires ; les « Bem-paritany », les « Mpitanty saina » et les « Vadivato » pour les civils.
Les Bezanozano se révoltent souvent, surtout sous Radama I qui a des mots très regrettables contre « ce peuple jamais conquis » et qui, en retour, ne cesse de s'insurger. Il faut dire qu'il a un caractère particulier, les « Masa », notamment, qui le prouvent de façon éclatante. « Plutôt que d'accepter un évènement qu'ils ne voulaient pas admettre et qu'ils n'arrivaient plus à éviter, ou des idées qu'ils ne partageaient pas mais qui s'implantaient dans l'Ankay, les « Masa » s'enterraient vivants ».
Ce que ne font jamais les nobles des autres clans. « Bosy trahit pour avoir la paix avec les Tsimihety, Impoinimerina pour les Bara, Tsialàna I pour les Antakarana, Volamana et les Douze chefs pour les Betsimisaraka. Tous, ils avaient préféré la soumission aux luttes.
Les Bezanozanos forment une ethnie de Madagascar, habitant une bande de terre forestière située entre la partie orientale du pays merina et la région côtière occupée par les Betsimisarakas du sud, le long du haut Mangoro. La principale localité du pays bezanozano est la ville de Moramanga dont cependant la majeure partie des habitants actuels sont originaires d'autres régions de l'île, notamment de l'Imerina.
Le royaume Bezanozano
Les traditions bezanozanos ont conservé le souvenir d'un roi nommé Andriamalazabe qui aurait régné dans la seconde moitié du XVIIe siècle et dont le fils et successeur était Ranantoana. Dès la fin du XVIIIe siècle, le pays bezanozano est obligé de reconnaître la suzeraineté du roi merina Andrianampoinimerina. Cette dépendance ne cessa ensuite de s'accentuer jusqu'à la fin de la monarchie merina. De nos jours, les Bezanozano sont environ au nombre de 150.000 personnes.
Langue
Le bezanozano est un dialecte du malgache, une langue austronésienne, parlée à Madagascar par les Bezanozano.
La région où le bezanozano est parlé est située à l'est de la capitale Tananarive.
La langue bezanozano semble également être intermédiaire entre celle des Merina et les dialectes betsimisaraka du voisinage. Elle est cependant de moins en moins pratiquée maintenant au profit de la langue merina.

1 vote. Moyenne 1.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site